Jean Girel
en Bourgogne, près de Cluny
Mise à jour partielle: 28.03.08.  
   



 
Pavillon des arts et du design

www.pad-paris.com

Galerie Arcanes
Stand 22

 
Hommage à Patinir...

 

« Depuis plus de quarante ans, je suis hanté par les tableaux de Joachim Patinir, et j’ai exploré la plupart des musées d’Europe pour découvrir la moindre production du maître ou de l’un de ses émules. La rétrospective organisée par le musée du Prado l’été dernier me permit pendant une semaine de m’installer dans l’univers de ce génie et bouscula complètement mes projets céramiques. Je sortais juste de mon exposition « Le jour et la nuit » à la Maison de la céramique de Saint-Uze et envisageais de pousser plus loin l’expérience des noirs au fer à très haute température où le feu révèle la part métallique des terres et des roches volcaniques. La poésie du paysage de Patinir allait me pousser dans une toute autre direction.

Ce dialogue entre les rochers et les nuages, ces trouées dans le minéral sur l’atmosphère de l’arrière-plan, la densification des nuages ou leur dissolution, les superpositions d’écrans donnant toute leur ampleur à la troisième dimension qui m’avaient toujours fasciné en tant que peintre sont venus s’infiltrer dans ma céramique et me dicter une voie nouvelle : j’ai pendant longtemps avec les céladons, ou les matières de jade exploré le rapport de la terre et de l’eau ; avec les « fourrures de lièvre » celui de la terre et du feu; Patinir me dicte le mariage de la terre et de l’air.

Il s’agit alors d’élaborer une nouvelle stratégie d’émaillage pour aller à la rencontre de la troisième dimension. La nécessité de procéder par glacis s’impose, mais ce travail en céramique s’accomplit en aveugle car la transparence n’est révélée qu’à la sortie du four, lorsque le feu a vitrifié les couches boueuses et opaques. Autre défi, la recherche de matières dessinées dans le détail, l’infiniment grand ne devenant évident qu’en présence de l’infiniment petit.

Il me faut aussi provoquer dans la perspective de l’émail des accidents, des brèches qui permettent de percer les couches minérales pour laisser passer de l’air, comme dans ces grottes ouvertes sur l’horizon dont l’ermite de Patinir a fait sa demeure. Et enfin aborder la couleur bleue, en tentant de lui donner cette nuance un peu « cuite » d’une pointe de vert qui tempère la crudité du cobalt pur. L’atelier est devenu pendant des mois un champ de bataille où s’accumulent essais, pièces ratées, seaux de mélanges divers, brosses et pistolets. Puis une palette s’est constituée, une méthode s’est petit à petit élaborée, et le travail en aveugle a commencé à devenir visible… »
Jean Girel

Jean Girel Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004


 
 

 PAVILLON DES ARTS
ET DU DESIGN

 

• 2 au 6 avril 2008
la Galerie Arcanes présente
Jean Girel et Valérie Hermans

 

 vient de paraître

 
Les faïences de Slavik et Claude Palley.
Textes de Robert Haby, Jean Girel, Jean Jacquinot. Photos de Jean Girel.

160 pages
120 images couleur
Commande auprès de
Association des amis de Claude et Slavik Palley
Les Petits 18250 Neuilly-en-Sancerre

 

 DISTINCTION

 

• Le 4 décembre 2007, le Président des Amis du musée de Sèvres Antoine d'Albis a remis à Jean Girel les insignes de Chevalier des Arts et des Lettres.

 

 LIVRE

  Jean Girel. La Sagesse du Potier. Editions de l'œil neuf.
• Jean Girel.
La Sagesse
du Potier
.
Editions de
l'œil neuf.

Vient d'être réédité

En librairie
ou chez l'éditeur www.oeil9.com